Le deuil, une phase naturelle, incontournable de la vie...
La définition de Larousse© décrit le deuil comme la perte ou le décès d'un parent et comme un processus psychique mis en œuvre par le sujet à la perte d'un objet d'amour externe. Dans le langage commun on fait le deuil de sa voiture, de sa situation professionnelle, de son entourage, de sa fortune... Sous certains aspects le deuil est une phase naturelle de la vie que nous traversons à de nombreuses reprises et à de nombreux degrés. A chaque situation et pour chaque individu son deuil. Un deuil est un deuil. En effet, on ne peut comparer les deuils de ceux qui le vivent. Certaines personnes seront effondrées de la mort d'un chat, quand d'autres vivent sous la terreur des bombes avec le fardeau du deuil de la totalité de leur famille soufflée dans l'explosion de leur immeuble. Quelque soit le deuil, les mécanismes sont identiques et la souffrance est bien réelle.
Nous nous pencherons à la fin de l'article sur le fait que le processus ci-dessous décrit est occidental. Il y a d'autres façons d'appréhender la douleur, la maladie, la vieillesse et la mort.
Le docteur en psychologie Kübler-Ross définit sept étapes du deuil (Une version retient 5 étapes: Négation, Colère, Négociation, Dépression, Acceptation):
A l'annonce d'une perte on se sent comme pétrifié, accablé. La douleur est immense. Elle s'accompagne de l'idée que l'on est en train de rêver et on dénie l'annonce. Cette étape a une durée indéterminée et impacte le quotidien, car sous le choc et la douleur que l'on ressent comme insurmontable, même les activités les plus simples deviennent difficiles.
Endeuillés, on perçoit la réalité de la perte. C'est un stade complexe de douleur que l'on cherche à fuir le plus souvent à travers de drogues (alcool, médicaments, produits psychotropes...). Les sentiments les plus présents sont la culpabilité, le remords. On cherche des raisons qui ont conduit à cette perte, parfois on en endosse la responsabilité.
C'est la phase du sentiment d'injustice qui tend à la colère. Cette colère peut-être aussi intense que la culpabilité et se retourner contre le "vrai" responsable. Ce sentiment ou l'expression de ce sentiment doit être apprivoisé indispensablement.
La frustration ressentie peut pousser à blâmer d'autres personnes. Quoique ce blâme soit injuste, il est difficile d'accepter que l'on puisse se tromper sur sa réalité. Suit l'étape de la négociation. Une recherche de compensation de la perte s'amorce.
C'est le moment de l'acceptation et de la difficulté à surmonter la perte. C'est la phase de la dépression. Le moral est en berne. La passivité domine un quotidien de souffrance. C'est la phase qui voit malheureusement des abandons de la part de ceux qui souffrent trop...
C'est une phase de test pour reprendre gout à la vie, de s'ouvrir à une nouvelle vie possible. C'est le moment de laisser la peine et d'amorcer la phase suivante.
C'est le moment d'accepter la réalité et de se projeter dans la vie qui peut reprendre son cours. On retrouve sa confiance en soi, fort de cette nouvelle expérience. En sortie de deuil, un nouveau souffle apparaît qui permet de se mêler aux autres de nouveau. Les performances professionnelles s'en trouvent améliorées.
Conservons en mémoire que ceci est une théorie. Comme toute théorie elle a ses adeptes mais aussi ses détracteurs. Pour eux, la douleur est une émotion trop complexe pour être divisée en seulement 7 étapes. La polémique est ouverte, laissons ceux que ça passionne se disputer.
Trêve de théorie, nous dirons que nous avons tous des phases de deuil. Deuil d'un proche, d'un ami, deuil d'un animal, deuil de son emploi ou du poste que l'on briguait, deuil de son intégrité physique, deuil de ses projets, deuil de ses anciennes habitudes, deuil de sa consommation d'alcool, de cigarette, cannabis ou autre drogue, les raisons de porter un deuil ne manquent pas dans l'ère contemporaine. Les façons de le vivre également. Voyons plusieurs façon de réagir face au deuil:
Vous avez reconnu la vôtre? Tristesse, colère, dégout, peur sont des émotions innées de l'homo (les singes ont les mêmes mimiques que les hommes, pour exprimer ces émotions). Quelque soit la méthode, la souffrance est immense, incommensurable, insurmontable. Une fois encore l'accompagnement peut faciliter le processus de deuil. L'environnement sécurisé du coaching peut permettre de vivre mieux le deuil. Le non-jugement, l'acceptation inconditionnelle, le professionnalisme d'un accompagnant emphatique peut permettre d'éviter de se faire du mal, de se fermer à la vie, ou de rugir de colère.
Interrogeons-nous un instant sur la possibilité que cette description du deuil puisse être purement occidentale ou que des mots comme douleur, colère, choc, déni puisse être abordés différemment. En introduction nous avons énoncé qu'il y a avait autant de deuil que d'individus face au deuil et qu'un deuil était incomparable à un autre. Nous avons également évoqué la possibilité de chercher dans d'autres systèmes de pensées, d'autre paradigmes, des solutions pour mieux accepter les émotions qui submergent lors d'un deuil.
En occident, nous pensons nous "protéger" et "protéger" nos enfants des rudesses de la perte en occultant le fait naturel que nous allons tous, nous-même, disparaitre un jour. La peur de la perte, la peur du changement, la peur de la mort, nous détournent de l'acceptation. Le concept d'impermanence (loi naturelle qui fait que toute chose qui née doit mourir; loi de non-permanence des choses) permet aux sociétés asiatiques d'appréhender différemment la mort. Elle est intégrée dans leurs systèmes de valeur et de pensée comme une chose essentielle. Cette idée est augmentée du principe que le passé est passé et que le futur n'est pas encore là. De fait, il est important de vivre l'instant présent, car c'est le seul instant où nous vivons réellement les choses.
En occident notre esprit fuit le présent en permanence, pour voyager dans le futur (projections, souvent causes de peines quand elles ne se réalisent pas) ou dans le passé (ressassement de nos expériences passées causes de frustrations, de colère ou autres peines liées au jugement que l'on porte sur ces évènements). Comme un jeune chat, notre esprit bondit de passé en futur, d'idée en idée et ne se focalise que rarement sur l'instant. Un exemple simple, qui s'applique à chacun de nous. Posez-vous honnêtement la question: "combien de temps suis-je réellement conscient que je conduis lorsque je suis au volant?", "Où est mon esprit lorsqu'il devrait se concentrer sur l'instant et les nombreux dangers de la route?", "Suis-je dans la planification de mes prochaines vacances, de ma liste de courses, de mes regrets face à une action passée?"
De même, lors du deuil et de ses différentes phases, se posent des milliers de questions, ou notre esprit nous accuse de la perte: "Si j'y étais allé, comme prévu, ce ne serait jamais arrivé", "Pourquoi, lui/elle était si bon?",... En réalité, dès que nous sortons de cette phase de douleur/culpabilité, nous mêmes nous rendons compte de l'absurdité de ces pensées. Peut-être que de s'être déplacé comme prévu n'aurait rien changé à l'issu et aussi injuste que l'on pense que ce soit, les saints, comme les démons meurent ou disparaissent un jour. Jouer et rejouer le scénario et les alternatives que l'on a envisagé nous masque le premier jour du reste de notre vie et la formidable chance de sortir renforcé de cette expérience. Non que cela soit facile, c'est un travail énergivore! Mais comme tout travail sur soi, on le fait seul, cependant un accompagnement facilite les phases et leur transition. Seul ou accompagné, au résultat il a deux alternatives, soit on gagne, soit on apprend!
Portez-vous bien. Le bonheur est le chemin!