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Notre chance, les moustiques de nos vies...

J'inspire, je suis vivant. J'expire, je souris à la vie!

 

 

 

Philosophes, leaders spirituels, politiciens véreux, dictateurs, PDG de grands groupes, vous, moi, tous avons de l'empathie et de la compassion. Il est probable que pour certaines personnes citées ci-dessus, ces sentiments ne sont utilisés qu'avec parcimonie, afin de ne pas en dépenser trop. Pourtant, partageons cette bonne nouvelle: ces sentiments, de même que l'Amour, ne s'épuisent jamais, plus on en donne, plus on en reçoit.

 

Nombre d'articles, de reportages traitent du pouvoir et des dommages qu'il engendre sur la personne qui l'exerce. Il est possible que ces dommages affectent le cœur et ces gens, qui se pensent supérieurement intelligents, nourrissent leur égo, assèchent leur cœur et avilissent l'humain, l'humanité, la planète, la nature...

 

"J'inspire, je suis vivant. J'expire, je souris à la vie!".

 

Que ce soit à un niveau spirituel ou scientifique, l'homme met en évidence le fonctionnement des sentiments. Sans s'appesantir, nous évoquerons dans cet article l'aspect spirituel des sentiments. Nous investiguerons dans les neurosciences afin d'avoir une explication physique, physiologique, sinon psychologique de ce mécanisme.

 

Empathie et compassions définition classique:

 

Empathie:

 

Faculté de ressentir les émotions de quelqu'un d'autre, d'arriver à se mettre à la place d'autrui. On distingue deux types d'empathies:

L'empathie cognitive consiste à comprendre les idées d'un autre.

L'empathie émotionnelle qui consiste à partager ses sentiments.

 

Compassion:

 

Sentiment de sympathie envers les maux d'une autre personne.

 

Nous avons le besoin de définir sympathie donc.

 

Sympathie:

 

Selon Larousse(r) le mot a plusieurs sens:

Penchant naturel, chaleureux, spontané envers une autre personne.

 

Bienveillance, dispositions favorables envers quelque chose.

 

Fait de ressentir et de participer à la joie ou à la douleur de quelqu'un. Il ne s'agit pas de comprendre, mais bien de ressentir, comme une expérience personnelle propre, au plus profond de soi.

 

 

Nous sommes là bien loin de l'entendement que l'on a du mot sympathie dans le langage commun.

 

Comme nous traiterons de ces termes, voici le sens que nous leur conserverons pour une compréhension commune. La sympathie est la capacité à pouvoir ressentir les sentiments d'autrui. L'empathie est la capacité à pouvoir se mettre à la place de quelqu'un. La compassion est la faculté de pouvoir partager de façon intime (au plus profond de soi) les sentiments des autres.

 

Cependant dans ces définitions, nous évoquons autrui. Qui est autrui? Qui est l'autre? Les interprétations divergent sur ce point selon les cultures. Voyons deux points de vue différents sur la compréhension de l'autre, quoiqu'elles aient beaucoup en commun.

 

Avant de commencer, le saviez-vous? Ce que nous considérons notre corps est composé de plus de cellules de bactéries que de cellules humaines? Elles nous sont vitales pour beaucoup. Pour utiliser un syllogisme, nous sommes, donc, plus étrangers qu'humains dans notre constitution même. Alors qui est l'autre, nous ou nos bactéries?

 

Les interprétations humaines de l'empathie et de la compassion:

 

La philosophie occidentale.

 

Une fois encore plaçons-nous dans un ordre chronologique. Socrate, dans les dialogues avec Alcibiade utilise un syllogisme pour arriver à une conclusion:

 

"Tu n’as pas été sans remarquer, n’est-ce pas, que quand nous regardons l’œil qui est en face de nous, notre visage se réfléchit dans ce que nous appelons la pupille, comme dans un miroir ; celui qui regarde y voit son image. (.../...)

 

Ainsi, quand l’œil considère un autre œil, quand il fixe son regard sur la partie de cet œil qui est la plus excellente, celle qu’il voit, il s’y voit lui-même. (.../...)

 

Donc si l’œil veut se voir lui-même, il faut qu’il regarde un œil, et dans cet œil la partie où réside la faculté propre à cet organe ; cette faculté c’est la vision. (.../...)

 

Eh bien, mon cher Alcibiade, l’âme aussi, si elle veut se connaître elle-même, doit regarder une âme, et, dans cette âme, la partie où réside la partie propre à l’âme, l’intelligence, ou encore tel autre objet qui lui est semblable."

 

L'autre est celui à travers qui le soi existe.

 

Plus tard dans l'histoire Descartes lui considère l'autre comme un miroir qui permet d'avoir conscience d'exister.

 

Pour Hegel (en réponse à Hobbes qui parle d'autrui avec une notion de pouvoir), nous n'existons en tant qu'être humain que parce que l'autre, en premier lieu, nous reconnait ce statut.

 

Nous aurions pu prendre d'autres chemins historiques pour présenter l'autre dans la compréhension occidentale. Cependant, nous constatons que nous partons d'un entrelacs entre l'autre et soi. Socrate (à travers Platon) distingue une frontière mince entre l'autre et soi, alors que les notions plus récentes reconnaissent un statut indépendant à l'autre, nécessaire à notre propre existence.

 

Et pour vous, qui est l'autre? Est-ce un loup pour vous? Vous le craignez ou vous êtes attiré par lui? Représente-t-il une part de vous que vous rejetez? Concevez-vous une frontière, une différence entre les autres et vous ou considérez-vous être en communion avec l'autre (y compris votre chef de service ou votre belle-mère)?

 

Dans certaines philosophies orientales.

 

En orient, certains peuples, partent d'un paradigme différent du paradigme occidental. Nous sommes un! Il n'y a pas d'autre.

 

Une expression sortie de la bouche de Thich Nhat Hanh est celle "d'inter-être". Il signifie que dans l'univers, tout est lié, interdépendant (phénomène défini comme une des caractéristiques de la souffrance par Bouddha). Il n'y a pas de différence entre vous, moi, la famille, l'eau, la nourriture, l'animal, l'arbre, la pierre, l'étoile qui brille... Tout cela a été, est et sera UN.

 

Dans cette croyance, nous sommes tous issus du même phénomène naturel, du "noyau initial", de ce qui existait avant le "big-bang" qui a vu naitre cet univers. Lorsque l'on se laisse envahir par cette idée, qu'on se l'approprie, qu'on la vit à chaque instant, on s'aperçoit que venant du même "atome", il n'y a pas de différence entre le rocher et nous, entre l'arbre et nous, entre l'animal et nous, entre l'autre et nous... Il n'y a pas de rocher, pas d'arbre, pas d'animal, pas d'autre... Nous sommes le rocher, l'arbre, l'animal, l'autre. En nous vit la même vibration.

 

Nous partageons beaucoup d'éléments (au sens du tableau périodique des éléments de Dmitri Mendeleïev) avec notre environnement. Nous vivons les mêmes émotions et sentiments. Nous possédons tous la même liberté, la même toute-puissance, la même importance. Il n'y a pas de maitre, pas d'esclave, il y a des frères de vie. Il n'y a pas de droit divin qui justifie l'esclavage. Il n'y a pas de droit philosophique qui justifie la souffrance et la mort que nous infligeons aux autres (comme aux animaux que nous consommons).

 

L'empathie nous permet de partager la souffrance de l'autre qui est aussi la notre. Si nous partons de ce fait, nous pouvons considérer (même si cela est difficile), ce ne sont pas des réfugiés qui périssent en méditerranée, c'est chacun de nous. Ce n'est pas un mari violent, ou alcoolisé qui bat et tue sa femme, avant de se suicider, c'est nous. Nous sommes un. Nous sommes l'enfant qui s'éveille à la vie, nous sommes le snipper qui tue des innocents pour une solde, nous sommes la vache qui meurt sous le coup de merlin de son bourreau, nous sommes le bourreau qui met en joue la vache. Nous sommes tout et tout est nous. Il est naturel d'être résistant, voire hermétique à ce concept... Cependant, ce n'est qu'une idée, elle ne peut pas nous manger, elle nous rend plus enclins à considérer l'interdépendance, plus acteurs dans nos relations, nos émotions et nos sentiments.

 

Les neurosciences: la magie des neurones miroirs.

 

Les neurosciences ont fait d'énormes avancées dans les années 90, mettant sous de nouvelles perspectives d'anciennes croyances liées au cerveau. Un constat des neuroscientifiques est que nous possédons des neurones qui s'activent dans la zone de Broca et dans le lobe pariétal de la même manière que nous riions, ou que nous regardions quelqu'un rire. Nous pouvons en quelque sorte, vivre une émotion par procuration. Un acte de bonté que nous observons a un impact sur nous et active bien-être, satisfaction, envie d'en faire autant...

 

Ces neurones, appelés neurones miroir semblent avoir un rôle dans nos capacités cognitives, dont, sympathie, empathie et compassion. Ils sont peut-être le moyen de comprendre, de vivre intimement, qu'il n'y a pas de différence entre toute chose vivante.

 

Vilayanur S. Ramachadran est un neuroscientifique. Il étudie les désordres neuronaux afin de comprendre le fonctionnement du cerveau. Il est une sommité connue pour avoir trouvé une solution pour soigner la souffrance que les amputés ressentent dans leurs membres fantômes:

 

https://www.youtube.com/watch?v=sRdUlO3qdak  

 

Les neurones miroir sont un outil précieux qui nous permet d'être acteurs de nos vies.

 

Vous comprenez la douleur, la peine, la colère, le rire, la joie, le bonheur? L'autre, quel qu'il soit, humain ou animal est fait des mêmes émotions et sentiments. Comment se sent-on après avoir remercié sincèrement? Rempli de gratitude et de sérénité ou de colère, de haine? Traiter l'autre comme soi-même apporte cette sensation qui suit quand on vous dit "je t'aime"... Bien-être, plénitude... Vous ressentez? Vous identifiez ce sentiment?

 

Traiter l'autre comme soi-même en tout temps signifie aussi, que le moustique qui chatouille nos oreilles avant de nous démanger le cou, ne recevra pas cette claque amicale qu'on lui réserve habituellement. On comprend aisément que considérer, en permanence, le vivant comme faisant partie de nous, dans un esprit d'union et d'amour, est parfois chose complexe. Nous ne sommes pas des saints dans cette vie et un tel niveau de sérénité sera probablement difficile à atteindre.

 

Cependant traitons-nous tous les gens que l'on aime, apprécie, connait avec toute l'implication qu'ils méritent? Ne vous arrive-t-il jamais d'être un peu absent(e)s lorsque vous dites un machinal "bonjour" à votre compagn(e)on?

 

Pour commencer cela, on trouve en nous le courage. Le courage d'agir tel que l'on agirait envers soi avec des individus dont les neurones miroir ne sont pas très actifs et qui enfouissent au plus profond leurs émotions et sentiments. Appelons les des moustiques. On trouve la force de les laisser vrombir à nos oreilles des nuits durant. On apprend à être serein en toute circonstance. On est en paix, car on comprend que ces moustiques sont du domaine du vivant, comme nous. Qu'ils n'ont pas encore les facultés de se mettre à notre place et de comprendre comment ça démange de se faire piquer. On admet qu'un jour, ils auront une conscience et des neurones miroir...

 

Vous commencez quand à accepter les moustiques de vos vies?

 

Portez-vous bien! Le bonheur est le chemin!

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